Société civile  ·  Statuts sur mesure · Henry Royal

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Statuts de société civile sur mesure
décider, quelle que soit sa part de capital

Les statuts de société civile sur mesure dissocient le capital, le pouvoir et les droits financiers. Ils confèrent des pouvoirs particuliers à l'associé « Dirigeant », qui peut être également gérant. Le Dirigeant garde la décision même lorsque d'autres associés détiennent la majorité du capital.

Objectif. Même minoritaire en capital, le Dirigeant :

  • ◈conserve, directement ou indirectement, tous les pouvoirs
  • ◈répartit chaque année le dividende entre les associés, et peut en percevoir l'essentiel
  • ◈peut se retirer de la société à tout moment : la société acquiert ou fait acquérir ses parts.

Comment des statuts sur mesure dissocient-ils capital, pouvoir et droits financiers ?

Capital - pouvoir

Le Dirigeant, même minoritaire en capital, détient la majorité des droits de vote. Il fait entrer ses enfants au capital et reste décideur.

Capital - dividende

Le Dirigeant, même minoritaire en capital, peut percevoir la majeure partie du dividende, sans supporter les problèmes du démembrement de propriété.

Quelles différences entre statuts sur mesure et statuts standards ?

Statuts sur mesureAvantageStatuts standards
Associé aux pouvoirs renforcésLe Dirigeant décide, même minoritaire en capitalGérance et décisions des associés
Droits de vote et droits financiers propres à chaque catégorie de partsLe Dirigeant attribue pouvoir et revenus indépendamment de la part de capitalUne voix et une part de bénéfice par part, en proportion du capital
Droit financier de chaque catégorie fixé chaque annéeLe Dirigeant répartit chaque année le dividendeDividende proportionnel au capital
Partage du dividende entre usufruitier et nu-propriétaire fixé par les statutsLe partage dépend des catégories de parts : le risque de conflit est réduitRègles légales ou jurisprudentielles par défaut
Gérances successives désignées dans les statutsLa société n'est jamais sans gérantLa société peut se retrouver sans gérant
Agrément, inaliénabilité, héritiersLe Dirigeant maîtrise l'entrée et la sortie des associésAgrément de tous les associés
Parts de dépréférence pour toute personne entrée sans agrémentL'entrée sans agrément n'apporte ni pouvoir ni dividende significatifAucun mécanisme
Exclusion : motifs, procédure contradictoire, prix, paiement étaléLe Dirigeant exclut selon une procédure sécurisée, à un prix encadréClause brève ou absente
Décès : choix du Dirigeant sur l'entrée des héritiersLe Dirigeant décide qui entre dans la sociétéContinuation avec les héritiers ou entre les survivants
Méthode d'évaluation des parts fixée par les statutsLa méthode de calcul du prix de sortie est connue à l'avanceÉvaluation à dire d'expert, sans méthode imposée

Quels avantages pour le Dirigeant ?

1Ouvrir le capital sans perdre la décision. Le Dirigeant fait entrer des associés, ses enfants par exemple, même majoritaires en capital. Il reste décideur grâce aux droits de vote attachés à ses parts.
2Rester en place. Le Dirigeant ne peut être ni révoqué ni exclu. Gérant, il ne peut pas être révoqué par les associés.
3Choisir la gérance. Le Dirigeant désigne la gérance et les gérances successives, fixe leur rémunération et tranche leurs désaccords.
4Maîtriser la répartition des bénéfices. Le Dirigeant, majoritaire en droits de vote, fixe chaque année le droit financier de chaque catégorie de parts, et donc la part du dividende qui revient à chaque associé.
5Contrôler l'entrée des associés. L'agrément est accordé à la majorité des droits de vote, que détient le Dirigeant. Il rend les parts inaliénables et exclut. Ses propres transmissions sont dispensées d'agrément.
6Partir s'il le souhaite. Le Dirigeant peut se retirer de la société à tout moment ; la société acquiert ou fait acquérir ses parts.
7Être protégé en cas d'incapacité. Le représentant n'exerce pas les pouvoirs du Dirigeant. Le Dirigeant conserve ses droits financiers et reprend ses pouvoirs de plein droit dès la fin de l'incapacité.
8Organiser les décisions. Aucune décision des associés n'est prise sans le Dirigeant ; il choisit la forme de la consultation. Aucune assemblée n'est obligatoire.
9Décider de l'entrée des héritiers. Au décès d'un associé, le Dirigeant décide si les héritiers entrent dans la société, avec ou sans agrément ; il peut désigner les continuateurs par testament.

Que prévoient les statuts sur mesure ?

ClauseContenuConséquence
Époux, enfant mineurLes statuts rappellent les règles de l'apport de biens communs et du logement de la famille ; ils limitent la contribution de l'enfant mineur aux pertes en cours de vie sociale jusqu'à sa majoritéLes époux sont avertis par leur signature ; l'enfant mineur est associé sans supporter les pertes en cours de vie sociale
IncapacitéLes statuts énumèrent les cas d'incapacité (tutelle, curatelle, habilitation familiale, mandat de protection future, absence, minorité) et en fixent le début et la finChacun sait qui décide, et à partir de quand
Modification des statutsÀ la majorité des droits de vote, en présence du Dirigeant ; à défaut de Dirigeant capable d'agir, à la double majorité (deux tiers des associés et majorité des droits de vote)Le Dirigeant fait évoluer les statuts sans l'accord de chacun, et personne ne peut les modifier sans lui
Prêt à usage de la résidenceLa société prête gracieusement la résidence principale ou secondaire au Dirigeant, puis à son conjoint ou partenaire survivant, pour soixante-dix ans au plusLe Dirigeant et son conjoint conservent la jouissance du logement après la transmission des parts
Catégories de partsParts de préférence et de dépréférence, avec droits de vote et droits financiers propres ; droit financier variable entre deux limites, fixé chaque exercice par décision collectivePouvoir et revenus de chacun réglés sur mesure, indépendamment du capital
Démembrement de propriétéRépartition, pour chaque catégorie, des droits de vote et des droits financiers entre usufruitier et nu-propriétaireAucun conflit entre usufruitier et nu-propriétaire ; le Dirigeant donateur conserve la décision
Transmission d'une part de préférenceLa part transmise devient ordinaire, sauf exceptions prévues par les statuts (nue-propriété transmise par décès, transmission temporaire) ou décision contraireLes droits de vote renforcés ne se transmettent pas avec les parts
Incapacité d'un titulaire de parts de préférenceChaque part de préférence ne confère qu'un droit de vote ; elle conserve sa catégorie et ses droits financiers ; le représentant du Dirigeant n'exerce pas ses pouvoirs propresAucun tiers ne prend le contrôle de la société ; le Dirigeant conserve ses revenus
Entrée sans agrémentLes parts acquises sans agrément deviennent des parts de dépréférence, qui supportent l'essentiel des pertes nées après l'entréeUne entrée par préemption ou sur décision de justice ne donne ni pouvoir ni dividende significatif
Absence de DirigeantFaute de nomination dans les soixante jours, toutes les parts deviennent ordinaires ; elles retrouvent leur catégorie dès qu'un Dirigeant est nomméLa société n'est jamais privée de règle de pouvoir
Associé personne moraleLa modification du contrôle d'un associé personne morale convertit ses parts de préférence en parts ordinaires et peut entraîner son exclusion, sauf s'il est contrôlé par le DirigeantLe Dirigeant garde la maîtrise des associés de la société
Augmentation de capitalL'associé qui souscrit à proportion de ses parts reçoit des parts de sa catégorie ; les autres parts nouvelles sont ordinairesLe Dirigeant conserve son pouvoir lors des augmentations de capital
IndivisionLes statuts nomment le mandataire de toute indivision, présente ou future, sur des parts de la sociétéAu décès d'un associé, le mandataire désigné vote pour l'indivision ; les héritiers ne bloquent pas les décisions
TransmissionPrêt, fiducie, apport, constitution d'usufruit, réalisation d'une sûreté, partage sont des transmissionsAucune opération ne permet de contourner l'agrément
Transmission de plein droitElle n'est soumise à agrément que si elle fait entrer un non-associé ; l'héritier non agréé reçoit la valeur des parts, payée comme en cas d'exclusionLa société choisit qui entre et étale le paiement en préservant sa trésorerie
InaliénabilitéLe Dirigeant prononce, proroge et lève l'inaliénabilité, pour un intérêt sérieux et légitime ; ses propres parts ne sont pas viséesLe capital reste stable chez les autres associés
AgrémentL'agrément est accordé à la majorité des droits de vote, que détient le Dirigeant ; ses propres transmissions sont dispensées d'agrémentLe Dirigeant transmet ses parts à qui il veut ; les autres associés ne peuvent ni sortir ni faire entrer un tiers sans son accord
Refus d'agrémentLa société fait racheter les parts aux conditions des statuts (prix, paiement étalé)La sortie des associés est encadrée, sans mettre en péril la trésorerie
PrixMéthode de comparaison, à défaut méthode financière, calcul par un expert indépendant ; décote de 40 % ou de 20 % selon le motif d'exclusionLa méthode de calcul est connue à l'avance ; les décotes dissuadent les comportements déloyaux
Apport de biens communsLe conjoint qui revendique la qualité d'associé après l'apport ou l'acquisition est soumis à l'agrément ; l'époux associé ne vote pasL'entrée du conjoint reste maîtrisée
ExclusionMotifs définis, procédure contradictoire, décision du Dirigeant, qui ne peut pas être exclu ; parts converties en parts de dépréférence ; prix inscrit en compte courant bloqué, payé en sept ans au plus avec intérêt au taux légalLe Dirigeant exclut selon une procédure sécurisée, sans mettre en péril la trésorerie
RetraitUn associé ne se retire qu'après agrément ; le Dirigeant et la gérance statutaire peuvent se retirer à tout moment ; le remboursement suit les règles de l'exclusionAucun associé ne quitte la société à sa convenance ; le Dirigeant reste libre de partir
Décès d'un associéDans les douze mois du décès, le Dirigeant décide que la société continue avec les héritiers, avec ou sans agrément, ou entre les seuls survivants ; à défaut, les héritiers entrent sans agrément ; désignation possible des continuateurs par testamentLe Dirigeant décide qui entre dans la société
GéranceGérances statutaires successives ; gérant Dirigeant irrévocable par les associés ; fonctions suspendues pendant l'incapacité ; le Dirigeant tranche les désaccords entre gérants et autorise les opérations importantes de la gérance non statutaireLa société a toujours un gérant ; le Dirigeant garde la maîtrise de la gestion
DécisionsLe Dirigeant décide directement ou indirectement ; la plupart des décisions ne sont pas collectives ; aucune obligation de tenir des assemblées ni d'approuver les comptesLe Dirigeant décide vite, sans convocation de chaque associé
Décisions collectivesAucune décision des associés n'est prise sans le Dirigeant capable d'agir ; droit de veto pour les décisions qui relèvent des associésLe Dirigeant ne peut être écarté d'aucune décision
Consultation, assembléeLe Dirigeant choisit la forme de la consultation ; aucune assemblée ne se tient sans lui ; un associé ne se fait représenter que par le Dirigeant, sauf cas imposés par la loiAucun tiers mandaté par un associé ne prend part aux décisions sans l'accord du Dirigeant
Résultat, dividendesDividendes et pertes répartis selon le droit financier de chaque catégorie ; le Dirigeant contribue aux pertes lors de la liquidation ; dividende du nu-propriétaire versé à l'usufruitier, en quasi-usufruitLe Dirigeant perçoit ses revenus sans supporter les pertes en cours de vie sociale
Comptes courants, prêtsAppels de fonds auprès des associés ; blocage pour dix ans au plus ; prêts aux associés approuvés par le DirigeantLa trésorerie est prévisible ; le Dirigeant contrôle les sorties de fonds
LiquidationÀ défaut de nomination, le Dirigeant est liquidateur ; boni réparti selon le droit financier ; sommes des parts démembrées versées à l'usufruitier, en quasi-usufruitLe Dirigeant conduit la liquidation ; le Dirigeant usufruitier garde la jouissance des sommes
InterprétationL'interprétation d'une clause est arrêtée à la majorité requise pour modifier les statuts ; elle s'impose tant que le juge ne l'a pas écartéeUn désaccord sur le sens d'une clause se règle en interne

Questions fréquentes

Un associé minoritaire en capital peut-il garder le pouvoir dans une société civile ?

Oui. Les statuts créent des parts de préférence à droits de vote renforcés et prévoient que les décisions sont prises à la majorité des droits de vote. Le Dirigeant qui détient ces parts reste majoritaire en voix, quelle que soit sa part de capital. Voir Liberté statutaire.

Peut-on répartir les bénéfices d'une société civile autrement qu'en proportion du capital ?

Oui. Chaque catégorie de parts reçoit un droit financier propre, qui varie entre deux limites et qui est fixé chaque exercice par décision collective. La limite est la clause léonine, qui attribuerait la totalité des bénéfices à un associé ou exonérerait un associé de toute perte (C. civ. 1844-1).

Les comptes d'une société civile doivent-ils être approuvés en assemblée ?

Non. Le Code civil n'impose pas l'approbation des comptes annuels, sauf lorsque la société dépasse les seuils de l'article L 612-1 du Code de commerce. La gérance rend compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an, par un rapport écrit (C. civ. 1856). Les statuts sur mesure n'imposent aucune assemblée.

Que se passe-t-il au décès d'un associé de la société civile ?

La société n'est pas dissoute. Dans les douze mois du décès, le Dirigeant décide que la société continue avec les héritiers, avec ou sans agrément, ou entre les seuls associés survivants. À défaut de décision, les héritiers entrent sans agrément, avec des parts ordinaires. Les héritiers qui ne deviennent pas associés reçoivent la valeur des parts de leur auteur. Voir Créanciers, héritier et cession de parts.

Le Dirigeant peut-il conserver la jouissance de sa résidence détenue par la société civile ?

Oui. Lorsque la société détient la résidence principale ou secondaire, les statuts peuvent prévoir qu'elle la prête gracieusement au Dirigeant, puis à son conjoint survivant non divorcé ou à son partenaire pacsé survivant non séparé, pour soixante-dix ans au plus. La jouissance du logement est conservée après la transmission des parts.