Les statuts de société civile sur mesure dissocient le capital, le pouvoir et les droits financiers. Ils confèrent des pouvoirs particuliers à l'associé « Dirigeant », qui peut être également gérant. Le Dirigeant garde la décision même lorsque d'autres associés détiennent la majorité du capital.
Objectif. Même minoritaire en capital, le Dirigeant :
- conserve, directement ou indirectement, tous les pouvoirs
- répartit chaque année le dividende entre les associés, et peut en percevoir l'essentiel
- peut se retirer de la société à tout moment : la société acquiert ou fait acquérir ses parts.
Comment des statuts sur mesure dissocient-ils capital, pouvoir et droits financiers ?
Capital - pouvoir
Le Dirigeant, même minoritaire en capital, détient la majorité des droits de vote. Il fait entrer ses enfants au capital et reste décideur.
Capital - dividende
Le Dirigeant, même minoritaire en capital, peut percevoir la majeure partie du dividende, sans supporter les problèmes du démembrement de propriété.
Quelles différences entre statuts sur mesure et statuts standards ?
| Statuts sur mesure | Avantage | Statuts standards |
|---|---|---|
| Associé aux pouvoirs renforcés | Le Dirigeant décide, même minoritaire en capital | Gérance et décisions des associés |
| Droits de vote et droits financiers propres à chaque catégorie de parts | Le Dirigeant attribue pouvoir et revenus indépendamment de la part de capital | Une voix et une part de bénéfice par part, en proportion du capital |
| Droit financier de chaque catégorie fixé chaque année | Le Dirigeant répartit chaque année le dividende | Dividende proportionnel au capital |
| Partage du dividende entre usufruitier et nu-propriétaire fixé par les statuts | Le partage dépend des catégories de parts : le risque de conflit est réduit | Règles légales ou jurisprudentielles par défaut |
| Gérances successives désignées dans les statuts | La société n'est jamais sans gérant | La société peut se retrouver sans gérant |
| Agrément, inaliénabilité, héritiers | Le Dirigeant maîtrise l'entrée et la sortie des associés | Agrément de tous les associés |
| Parts de dépréférence pour toute personne entrée sans agrément | L'entrée sans agrément n'apporte ni pouvoir ni dividende significatif | Aucun mécanisme |
| Exclusion : motifs, procédure contradictoire, prix, paiement étalé | Le Dirigeant exclut selon une procédure sécurisée, à un prix encadré | Clause brève ou absente |
| Décès : choix du Dirigeant sur l'entrée des héritiers | Le Dirigeant décide qui entre dans la société | Continuation avec les héritiers ou entre les survivants |
| Méthode d'évaluation des parts fixée par les statuts | La méthode de calcul du prix de sortie est connue à l'avance | Évaluation à dire d'expert, sans méthode imposée |
Quels avantages pour le Dirigeant ?
Que prévoient les statuts sur mesure ?
| Clause | Contenu | Conséquence |
|---|---|---|
| Époux, enfant mineur | Les statuts rappellent les règles de l'apport de biens communs et du logement de la famille ; ils limitent la contribution de l'enfant mineur aux pertes en cours de vie sociale jusqu'à sa majorité | Les époux sont avertis par leur signature ; l'enfant mineur est associé sans supporter les pertes en cours de vie sociale |
| Incapacité | Les statuts énumèrent les cas d'incapacité (tutelle, curatelle, habilitation familiale, mandat de protection future, absence, minorité) et en fixent le début et la fin | Chacun sait qui décide, et à partir de quand |
| Modification des statuts | À la majorité des droits de vote, en présence du Dirigeant ; à défaut de Dirigeant capable d'agir, à la double majorité (deux tiers des associés et majorité des droits de vote) | Le Dirigeant fait évoluer les statuts sans l'accord de chacun, et personne ne peut les modifier sans lui |
| Prêt à usage de la résidence | La société prête gracieusement la résidence principale ou secondaire au Dirigeant, puis à son conjoint ou partenaire survivant, pour soixante-dix ans au plus | Le Dirigeant et son conjoint conservent la jouissance du logement après la transmission des parts |
| Catégories de parts | Parts de préférence et de dépréférence, avec droits de vote et droits financiers propres ; droit financier variable entre deux limites, fixé chaque exercice par décision collective | Pouvoir et revenus de chacun réglés sur mesure, indépendamment du capital |
| Démembrement de propriété | Répartition, pour chaque catégorie, des droits de vote et des droits financiers entre usufruitier et nu-propriétaire | Aucun conflit entre usufruitier et nu-propriétaire ; le Dirigeant donateur conserve la décision |
| Transmission d'une part de préférence | La part transmise devient ordinaire, sauf exceptions prévues par les statuts (nue-propriété transmise par décès, transmission temporaire) ou décision contraire | Les droits de vote renforcés ne se transmettent pas avec les parts |
| Incapacité d'un titulaire de parts de préférence | Chaque part de préférence ne confère qu'un droit de vote ; elle conserve sa catégorie et ses droits financiers ; le représentant du Dirigeant n'exerce pas ses pouvoirs propres | Aucun tiers ne prend le contrôle de la société ; le Dirigeant conserve ses revenus |
| Entrée sans agrément | Les parts acquises sans agrément deviennent des parts de dépréférence, qui supportent l'essentiel des pertes nées après l'entrée | Une entrée par préemption ou sur décision de justice ne donne ni pouvoir ni dividende significatif |
| Absence de Dirigeant | Faute de nomination dans les soixante jours, toutes les parts deviennent ordinaires ; elles retrouvent leur catégorie dès qu'un Dirigeant est nommé | La société n'est jamais privée de règle de pouvoir |
| Associé personne morale | La modification du contrôle d'un associé personne morale convertit ses parts de préférence en parts ordinaires et peut entraîner son exclusion, sauf s'il est contrôlé par le Dirigeant | Le Dirigeant garde la maîtrise des associés de la société |
| Augmentation de capital | L'associé qui souscrit à proportion de ses parts reçoit des parts de sa catégorie ; les autres parts nouvelles sont ordinaires | Le Dirigeant conserve son pouvoir lors des augmentations de capital |
| Indivision | Les statuts nomment le mandataire de toute indivision, présente ou future, sur des parts de la société | Au décès d'un associé, le mandataire désigné vote pour l'indivision ; les héritiers ne bloquent pas les décisions |
| Transmission | Prêt, fiducie, apport, constitution d'usufruit, réalisation d'une sûreté, partage sont des transmissions | Aucune opération ne permet de contourner l'agrément |
| Transmission de plein droit | Elle n'est soumise à agrément que si elle fait entrer un non-associé ; l'héritier non agréé reçoit la valeur des parts, payée comme en cas d'exclusion | La société choisit qui entre et étale le paiement en préservant sa trésorerie |
| Inaliénabilité | Le Dirigeant prononce, proroge et lève l'inaliénabilité, pour un intérêt sérieux et légitime ; ses propres parts ne sont pas visées | Le capital reste stable chez les autres associés |
| Agrément | L'agrément est accordé à la majorité des droits de vote, que détient le Dirigeant ; ses propres transmissions sont dispensées d'agrément | Le Dirigeant transmet ses parts à qui il veut ; les autres associés ne peuvent ni sortir ni faire entrer un tiers sans son accord |
| Refus d'agrément | La société fait racheter les parts aux conditions des statuts (prix, paiement étalé) | La sortie des associés est encadrée, sans mettre en péril la trésorerie |
| Prix | Méthode de comparaison, à défaut méthode financière, calcul par un expert indépendant ; décote de 40 % ou de 20 % selon le motif d'exclusion | La méthode de calcul est connue à l'avance ; les décotes dissuadent les comportements déloyaux |
| Apport de biens communs | Le conjoint qui revendique la qualité d'associé après l'apport ou l'acquisition est soumis à l'agrément ; l'époux associé ne vote pas | L'entrée du conjoint reste maîtrisée |
| Exclusion | Motifs définis, procédure contradictoire, décision du Dirigeant, qui ne peut pas être exclu ; parts converties en parts de dépréférence ; prix inscrit en compte courant bloqué, payé en sept ans au plus avec intérêt au taux légal | Le Dirigeant exclut selon une procédure sécurisée, sans mettre en péril la trésorerie |
| Retrait | Un associé ne se retire qu'après agrément ; le Dirigeant et la gérance statutaire peuvent se retirer à tout moment ; le remboursement suit les règles de l'exclusion | Aucun associé ne quitte la société à sa convenance ; le Dirigeant reste libre de partir |
| Décès d'un associé | Dans les douze mois du décès, le Dirigeant décide que la société continue avec les héritiers, avec ou sans agrément, ou entre les seuls survivants ; à défaut, les héritiers entrent sans agrément ; désignation possible des continuateurs par testament | Le Dirigeant décide qui entre dans la société |
| Gérance | Gérances statutaires successives ; gérant Dirigeant irrévocable par les associés ; fonctions suspendues pendant l'incapacité ; le Dirigeant tranche les désaccords entre gérants et autorise les opérations importantes de la gérance non statutaire | La société a toujours un gérant ; le Dirigeant garde la maîtrise de la gestion |
| Décisions | Le Dirigeant décide directement ou indirectement ; la plupart des décisions ne sont pas collectives ; aucune obligation de tenir des assemblées ni d'approuver les comptes | Le Dirigeant décide vite, sans convocation de chaque associé |
| Décisions collectives | Aucune décision des associés n'est prise sans le Dirigeant capable d'agir ; droit de veto pour les décisions qui relèvent des associés | Le Dirigeant ne peut être écarté d'aucune décision |
| Consultation, assemblée | Le Dirigeant choisit la forme de la consultation ; aucune assemblée ne se tient sans lui ; un associé ne se fait représenter que par le Dirigeant, sauf cas imposés par la loi | Aucun tiers mandaté par un associé ne prend part aux décisions sans l'accord du Dirigeant |
| Résultat, dividendes | Dividendes et pertes répartis selon le droit financier de chaque catégorie ; le Dirigeant contribue aux pertes lors de la liquidation ; dividende du nu-propriétaire versé à l'usufruitier, en quasi-usufruit | Le Dirigeant perçoit ses revenus sans supporter les pertes en cours de vie sociale |
| Comptes courants, prêts | Appels de fonds auprès des associés ; blocage pour dix ans au plus ; prêts aux associés approuvés par le Dirigeant | La trésorerie est prévisible ; le Dirigeant contrôle les sorties de fonds |
| Liquidation | À défaut de nomination, le Dirigeant est liquidateur ; boni réparti selon le droit financier ; sommes des parts démembrées versées à l'usufruitier, en quasi-usufruit | Le Dirigeant conduit la liquidation ; le Dirigeant usufruitier garde la jouissance des sommes |
| Interprétation | L'interprétation d'une clause est arrêtée à la majorité requise pour modifier les statuts ; elle s'impose tant que le juge ne l'a pas écartée | Un désaccord sur le sens d'une clause se règle en interne |
Questions fréquentes
Un associé minoritaire en capital peut-il garder le pouvoir dans une société civile ?
Peut-on répartir les bénéfices d'une société civile autrement qu'en proportion du capital ?
Les comptes d'une société civile doivent-ils être approuvés en assemblée ?
Que se passe-t-il au décès d'un associé de la société civile ?
Le Dirigeant peut-il conserver la jouissance de sa résidence détenue par la société civile ?
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